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Décembre 2011 - Banque Centrale Européenne

BCE

Il fluctue mais ne coule pas. A 1,30 dollars environ, l’euro vaut encore plus cher qu’à sa création en 1999. Cette solidité apparente contraste pourtant avec le vent de panique qui souffle sur toutes les places européennes. Il est même devenu tendance d’évoquer l’éclatement pur et simple de la zone euro.

C’est en tout cas le sens qu’il faut donner aux écarts de taux grandissants à dix ans sur les dettes souveraines des pays de l’Euroland. Aucun Etat de la zone, ni même l’Allemagne, ne peut plus régler seul la question de son endettement. Ils doivent même continuer à s’endetter sans jamais rembourser une parcelle de leur dette principale, hors intérêts. Et déjà, pour certains, les taux d’intérêts sont devenus prohibitifs (8% à 2 ans pour l’Italie).

A ce taux, tous les efforts d’austérité et de rigueur budgétaire n’y suffiront jamais.

Dix ans après l’avènement de la monnaie unique, c’est donc l’avenir d’une certaine conception de l’Union Européenne qui est en jeu. On découvre en effet à l’aune de cette crise que cette zone, élargie au possible, est trop hétérogène : une monnaie unique sans discipline économique, sans fiscalité commune, sans budget commun, sans direction politique commune même… cette réalité n’a que trop duré !

Ces contradictions atteignent encore des sommets lorsque France et Allemagne apportent 85 milliards d’euros à l’Irlande qui revendique le droit de continuer à nous livrer une « guerre » fiscale avec un taux d’Impôts sur les Sociétés trois fois moins élevé que le nôtre.

Tout cela doit cesser vite, sauf à revenir à nos monnaies respectives. Et quel que soit le nom à donner à notre avenir (fédéralisme, union politique, coordination approfondie…), quels que soient même les instruments à utiliser (eurobonds, garanties, FESF), il nous faut aujourd’hui forcer le destin de l’Europe pour qu’elle devienne enfin une Union politique pour peser dans la mondialisation de demain. Et doter la Banque Centrale Européenne (BCE) des compétences de toutes les banques centrales mondiales.

Car personne, pas même les allemands, ne critiquera l’engagement, je l’espère possible, de la BCE aux côtés des Etats en émettant des obligations, seule solution pour assurer la liquidité d’un système financier menacé par l’implosion.

La BCE fait donc figure de dernier rempart pour éviter le délitement de la zone euro. Alors Madame MERKEL, un dernier effort ? Le dernier ? 

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