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Septembre 2011 - Prendre le problème à l'endroit

François FILLON nous a donc présenté en urgence, sous la pression des désormais célèbres agences de notation qui nous menaceraient d’un éventuel retrait de notre note AAA, une sorte de projet de loi de finances avant l’heure. Ceci afin de respecter son intangible objectif : ramener le déficit public de 5,7 % du PIB en 2011 à 4,6 % en 2012, alors même que la croissance sera moindre que prévue, en deçà des 2 % en tous cas.

La CGPME, pleinement consciente des enjeux pour notre pays, ne peut qu’approuver cette volonté d’agir vite pour limiter dette et déficit, tout en préservant un relatif équilibre entre les efforts demandés à chacun, la contribution des collectivités territoriales restant cependant à préciser.

Concernant les PME en effet, qui ont fait l’objet à notre demande de toutes les attentions, deux de ces mesures viendront les impacter moindrement : si le mécanisme d’abattement sur les heures supplémentaires par le biais d’exonérations fiscales et sociales n’est pas remis en cause, nous déplorons pour autant l’intégration des « heures sup » dans le calcul des allègements de charges ; comme il est à regretter l’augmentation du forfait social, en contradiction notoire avec les incitations à mieux partager les résultats d’ailleurs, qui se traduira par une augmentation du coût du travail pour les entreprises concernées.

Mais au-delà de ces annonces, interrogeons-nous sur l’absence de réelles ambitions visant non plus à augmenter les recettes mais à enfin réduire substantiellement les dépenses d’un Etat qui vit depuis 35 ans au-dessus de ses moyens. En comparaison, un ménage aurait fait depuis longtemps l’objet d’un dossier de surendettement !
Car rien ne pourra plus se faire de crédible sans une coupe dans les dépenses publiques. Parce que c’est là que se situent les uniques marges de manœuvre dans un pays où la pression fiscale décourage déjà le travail et la création de richesses, et parce que notre capacité d’endettement est désormais réduite à néant. Le seul paiement des intérêts de la dette ponctionne déjà 50 milliards par an sur notre économie, soit l’équivalent des recettes de l’impôt sur le revenu…
A ce point là des choses, le temps est donc venu de reprendre le problème à l’endroit. Augmenter les impôts pour rembourser cette satanée dette est franchement une mauvaise réponse. Cela ne peut que ralentir une croissance déjà en berne et rendre le remboursement de la dette encore plus impossible. L’illustre économiste Arthur LAFFER résumait ce postulat par une formule laconique : « trop d’impôt tue l’impôt ».

Le tournant de la rigueur consisterait donc à ramener fermement les dépenses publiques au niveau des recettes publiques. Il est d’ailleurs étrange que cette notion de « rigueur » pratiquée par chaque PME ajustant ses dépenses à ses revenus, soit un terme tabou lorsqu’il concerne l’action publique…

Seule une diminution de la pression fiscale pourra générer davantage de recettes fiscales à moyen terme, en libérant un peu de croissance. Mais tout ceci obligerait nos gouvernants à un courage nouveau a priori incompatible avec l’approche de grandes échéances électorales…

 


 

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