En premier lieu, une disposition favorisant le « déclic d’embauche » apparaît particulièrement nécessaire si l’on veut maintenir le flux de création d’emplois dans les TPE, notamment à l’occasion de l’embauche du premier salarié. Cette incitation passe par une exonération totale de cotisations patronales de Sécurité Sociale, quel que soit le salaire du premier embauché. Une telle mesure devrait générer à elle seule plusieurs centaines de milliers d’emplois.
D’autre part, quand on sait que plus de 300 000 emplois par an ne sont actuellement pas pourvus en raison de l’inadéquation des formations avec les besoins du marché, il est temps de remettre à plat la finalité des formations universitaires.
Dans ce but, il est impératif de renforcer les relations entre l’école, l’université et l’entreprise. Il conviendrait aussi, que les entretiens d’orientation soient l’occasion de mises en garde contre les faibles chances d’insertion professionnelle de certaines filières. Et pour éviter l’engorgement et le manque de débouchés vers l’emploi, ne serait-il pas utile de réfléchir à la mise en place d’un « numerus clausus » s’appuyant sur un organisme de prospective performant ?
Et sans oublier de valoriser les filières de l’apprentissage. La France possède à la fois l’un des pires taux de chômage des jeunes (23 %) et l’un des plus faibles taux d’emploi en alternance. Un tiers de nos entreprises pratiquent l’alternance contre les deux tiers de leurs homologues allemandes. N’est-il pas enfin temps de réagir ?
Car mettre l’entreprise au cœur du cursus de formation, c'est inciter les jeunes à s’intéresser au monde économique et leur permettre de s’orienter professionnellement en connaissance de cause. L’alternance donne d’excellents résultats autant pour le jeune que pour l’entreprise. La preuve en est le taux d’embauche de 70 % à la sortie
Alors, pourquoi encore des réticences face à l’alternance ? On ne peut pas à la fois critiquer l’école « qui ne fait plus son travail » et fermer sa porte quand elle se connecte à l’entreprise. On ne peut pas à la fois traiter les jeunes de « fainéants » et leur tourner le dos quand ils se tournent vers une formation de terrain !
Au cœur de l'économie réelle, nous nous devons d’être associés à ce qui peut paraître une révolution culturelle. Car n'oublions pas que nous sommes ceux qui créent les emplois de demain. Pour l'avenir de nos jeunes, pour nos entreprises, nous devons être prêts à prendre notre part, en première ligne, pour gagner cette bataille de l'emploi.